nadetlochezlesincas

Tuesday, December 28, 2004

Joyeux Noel

Vous vous en doutez, dans ce site nous ne vous racontons pas tout… soit parce qu’il y a des histoires qu’on avait oubliées (comme la voiture de Starsky et Hutch dont sont sortis 12 personnes ! Verdad, ou le menu du snack végétarien d’Oruro qui, dans un bel effort de bilinguisme, nous proposait, respectivement en espagnol et anglais, des Tea-You et Mate-Kill…), soit que certains détails sont occultés. Dans cette dernière catégorie, se trouve notre état lorsqu’on a écrit le dernier blog… En fait, notre but était de rejoindre San Jose depuis San Ignacio (pour visiter la 7 ème et dernière église jésuite) mais à notre grand étonnement il n’y avait plus de places. Nous demandons donc des places pour retourner à Santa-Cruz, la réponse est bien plus étonnante encore du genre : « les prochaines sont jeudi 23/12 », pour rappel nous sommes lundi… Nous courons donc dare-dare à la première compagnie de bus venue et lui achetons 2 places sans aucune discussion sur la qualité de sa flotte. Le mardi, après notre « petite » frayeur due à la pluie, nous retournons à la compagnie pour confirmer que les bus vont bien circuler. Tout va bien de ce côté-là mais se trouve devant la porte un « truc » avec 4 roues, un demi pare-brise, quelques fenêtres et quelques bâches sur les côtès et une tonne (ou deux) de trucs sur le toit… Nous ne disons rien mais on s’attend à passer un voyage pour le moins inconfortable ! C’est dans cet état (bus + pluie) que nous ècrivons le dernier blog. De bus, le notre était parfait !, de loin le meilleur de Bolivie, avec plein de place. Les marécages traversés à l’aller étaient asséchés, à croire qu’il n’avait plus plu depuis des mois et nous avons donc fait un voyage très confortable jusqu’à Santa-Cruz.
Nous avons passè les deux journées suivantes à profiter de cette ville, de son ambiance très différente du reste de la Bolivie, très « Brésil », de sa chaleur, de sa place centrale, de ses marchés (pas de noël mais plus traditionnels), de ses églises dont une étrange salle de bain avec un Christ de 3 mètres de haut sur la façade, et même de son cinéma ! (Los Increibles, c’est vâchement bien on comprend tout !!).
Pour passer le week-end de noël, on a choisi un petit coin de paradis à une centaine de kilomètres de Santa-Cruz : Samaïpata (pour les férus c’est le lieu où la rèvolution du Chè à connu sa seule victoire). C’est donc en taxi privè (on ne se refuse rien pour noel) que nous avons rejoint notre cabaña composèe d’une chambre, d’une grande salle-de-bain, d’une cuisine, d’un salon, d’un feu ouvert (inutile), d’une belle terrasse et d’un accès direct à la piscine en plein air oú nous avons passè l’après-midi malgré le temps un peu frisquet (une vingtaine de degrès). La cabaña se trouve dans un parc face aux magnifiques vallées que nous pouvons admirer depuis notre terrasse.
On s’est plu à cuisiner pour le réveillon mais le courage manquait un peu pour tout manger… On a quand même profité de notre nouvelle crèche (bolivienne traditionnelle avec un lama) et de notre guirlande.
Le 25 décembre est entièrement consacré à la piscine, à la cuisine (ça nous manque de cuisiner) et à la sieste.
Le lieu est si agréable que nous décidons de prolonger notre sèjour (dans une plus petite chambre tout de même, c’est pas noël tous les jours). Cette prolongation nous permet de constater que l’artisanat local n’est vendu que par des gringos vaguement Hippies… et nous permet surtout de réaliser deux belles promenades dans cette splendide région. La première nous a permis de bien comprendre la phrase qui revient incessamment dans « le Journal du Chè » : « on a perdu le sentier, on le cherche, ça fait une heure que X est parti vers le sud », sauf que nous on a fait demi-tour. La seconde balade nous a menée jusqu’aux ruines prè-incas de Samaïpata, bien conservées mais hélas manquant un peu d’explications. Ces deux jours de promenades se sont terminées au bord de la piscine, sous un soleil de plus en plus présent et en pique-niquant notre souper sur la pelouse face aux moutons et aux vallèes. C’est avec un peu de regret que nous avons quittè ce lieu magique en taxi collectif (c’est fini noël), pour Santa-Cruz et une dernière visite de 4 heures de son terminal avant de prendre un bus (de nuit évidemment) pour Cochabamba oú on nous a promis qu’il faisait aussi beau…
Lau pour nous deux

Tuesday, December 21, 2004

Un autre bout du monde

On a changè de Bolivie ¡!
Nous voici arrivès cotè Amazonie, côtè Brèsil, il fait chaud, très chaud, et humide, très humide, voire trop humide, on vous raconte. Notre visite de Santa Cruz se limite pour l’instant à une banque (c’est très long), deux agences de tourisme (c’est trop cher !), deux terminaux de bus (c’est pas clair…), un supermarchè (le premier qu’on voit en Bolivie !!) et un restaurant irlandais avec du poulet curry (c’est bon !!!). Notre objectif pour la journèe : trouver un moyen de transport quelconque qui nous permette de visiter les 7 villages qui conservent une èglise construites par les Jèsuites au XVIIIème siècle et dont la très lourde rènovation s’est terminèe il y a peu, soit le Circuit des Missions Jèsuites. A 700 dollars on a vite compris qu’on devrait se dèbrouiller tout seul, et c’est donc dans un minibus vaguement rural (LE bus bolivien que vous vous imaginez) que nous embarquons pour San Javier. Premier èmerveillement, intèrieur, extèrieur, couvent, place, que cette mission est splendide, toute de bois construite. Plein d’espoirs pour la suite, nous nous hâtons vers notre prochain bus qui devra nous conduire à Concepcion. Deux heures de retard… On n’y est pas encore habituès, la Bolivie nous a plutôt surpris de ce point de vue, et on a un peu moins de courage au cœur en arrivant dans ce deuxième village.
Nous nous rèveillons avec les carillons de la messe du dimanche et passons voir avant de dèjeuner : elle est immense, elle est magnifique, et bourrèe à craquer. Une guide bien informèe de l’office du tourisme (ca se souligne) nous accompagne au cours de la journèe pour une visite plus approfondie de l’èglise et de deux musèes. La restauration de ces èglises a permis à une foule de jeunes ètudiants de se former aux techniques approprièes, comme la sculpture du bois. Elle a ètè bien menèe, avec un grand respect de l’ètat originel des èglises et notamment de leurs peintures. Les bancs en bois, tous neufs, sont splendidement dècorès de scènes de l’Ancien (au fond de l’èglise) et du Nouveau (dans la première moitiè) Testament. Le chemin de croix hyper moderne quant à lui met en parallèle martyr de JC et martyr de la forêt amazonienne. On trouve nèanmoins que c’est un peu contradictoire avec la centaine d’arbres gigantesques qui ont ètè utilisès pour les merveilleuses colonnes sculptèes qui soutiennent l’èglise. L’un des musèes est en fait installè dans la maison de Hugo Banzer, dernier dictateur en dante à avoir ètè par la suite èlu dèmocratiquement prèsident… La journèe est aussi ponctuèe par une très grosse mais brève averse, à laquelle nous ne prêtons guère attention, et à notre vaine recherche d’un transport autre que le bus vers notre prochaine destination. C’est finalement à deux heures du matin (ces horaires de bus, ya vraiment pas moyen quoi) que nous partons pour San Ignacio, arrivèe prèvue et effectuèe à 6h malgrè la traversèe d’une zone quelque peu marècageuse.L’èglise de San Ignacio, reconstruite de fond en comble après la destruction d’une horreur bètonnèe construite dans les annèes 1950, nous enchante moins que les deux premières. Nous flânons toute la journèe dans le village et aux abords du lac, d’où nous constatons bien qu’on est quand même bien bien près de l’Amazonie (paysages, verdure, moustiques…). Et puis il commence à pleuvoir, la drache totale, là on se dit que pour les autres missions c’est foutu, et on commence même à se demander si on pourra rentrer jusque Santa Cruz pour Noël… (on se souvient de la zone marècageuse en question). Une nuit de pluie passe et, après s’être fait confirmer que le bus partirait bien, on se met à chercher un taxi susceptible de nous emmener faire le tour des trois missions qu’il nous reste à visiter à proximitè. San Miguel, San Rafael, Santa Ana, on va de merveille en merveille à bord d’un bolide vaguement extraterrestre qui saute de trou en trou sur la route somme toute relativement sèche, à notre grand ètonnement. Santa Ana nous surprend par sa simplicitè et surtout par son caractère « on est vachement dans le trou d’c.. du monde ici ». La place centrale se rèsume en effet à une espèce de grande prairie avec des roches qui affleurent et quelques sentiers vaguement dessinès. On a ainsi une petite idèe de ce à quoi ressemblaient vraiment ces premières missions venues èvangèliser les Amèriques.
Nous deux

Sucre, la capitale oublièe

Pour changer de moyen de locomotion, c’est en taxi collectif que nous quittons Potosi pour descendre à Sucre, sur une route certes asphaltèe mais rendue par endroit très inconfortable à cause des nombreux cailloux et rochers arrachès par la pluie. Sucre, capitale constitutionnelle de la Bolivie, tire son nom du marèchal premier prèsident de la Rèpublique, dont les aïeux venaient de notre bonne vieille Flandre (d’où le nom). Sucre ne garde en rèalitè que la cour constitutionnelle et de nombreux batiments coloniaux. Elle porte encore bien son nom, tous ses batiments sont obligatoirement peints en blanc comme du sucre de Tirlemont...
Pour ne pas changer d’activitès par contre, nous visitons de nombreuses èglises, dont la cathèdrale, qui protege en son sein un trèsor de perles, d’or et d’argent dont on dit qu’à lui seul il pourrait rembourser toutes les dettes de la Bolivie. Dans plusieurs de ces èglises (Merced, convento Felipe de Neri) nous avons à nouveau la possibilitè de dècouvrir la ville depuis les toits, c’est assez impressionant! On visite ègalement la Casa de la Libertad, où fut signèe la Constitution bolivienne (jamais appliquèe) et où siègea son premier Parlement, ce qui nous permet de rencontrer nos premiers touristes boliviens. Et pour une fois qu’on a la tèlè dans la chambre, on s’offre une soirèe en francais sur TV5!
Un autre point de vue assez magnifique sur la ville et les montagnes qui l’entourent nous est offert par la Recoleta, où on voit sans doute le plus vieil et gros arbre que l’on ait jamais vu. Retour par un musèe consacrè aux textiles locaux et là ce n’est qu’èmerveillement. Un programme a permis de revivifier une pratique très anciennes dans diffèrents villages des environs de Sucre et de redonner toute sa splendeur à un art oubliè, tout en offrant une source de revenus dècents à ces populations. On vous montrera en rentrant, si on ne se fait pas voler notre petite merveille avant.
C’est à bord d’un drôle de camion vaguement reconverti en cage roulante à touristes que nous nous rendons sur un site prèhistorique d’une très grande valeur. Sur un mur de 2km de long et de plusieurs dizaines de mètres de haut la terre a gardè les empreintes fossilisèes d’un tas de types de dinosaures dont on a complètement oubliè le nom. Le site est rèellement impressionnant, et ca nous a permis de constater qu’en quelques occasions, quand ils en trouvent les mohines, les Boliviens tentent eux-mêmes de financer leurs propres recherches scientifiques.
La visite du couvent de Santa Ana se passe au son d’une lecon d’orgue par une jeune bonne soeur très appliquèe, bien mais peut mieux faire. Nous quittons Sucre pour nous rendre à la grande mètropole de Santa Cruz de la Sierra en bus de nuit (il faudra un jour qu’on nous explique pourquoi les Boliviens refusent le bus de jour). Au cours de ce voyage nous sommes confrontès à un embouteillage (non pas qu’il y avait trop de voitures mais les camions et les bus n’arrivaient plus à se croiser sur le sentier boueux), à un embourbement de notre propre bus ayant decide de doubler ledit bouchon par le talus (ils sont fous ces boliviens), et à une attente d’une bonne heure pour permettre au rio dèchainè qui traversait la route de se calmer (on est passès!!). Vous nous croirez ou pas, on est arrivès à destination à la minute près à l’heure prèvue.

Wednesday, December 15, 2004

C'est haut Potosí !!

Le samedi, jour de repos, nous décidons de le passer au bord de la piscine naturelle dénommée “Ojo del Inca” á Tarapaya. Pour y arriver nous devons constater que nous ne sommes pas encore tout á fait habitués au fait que les gens soient vraiment gentils avec nous. Le conducteur du micro refuse de s’arrëter lá oú on lui demande, il continue, continue... on peste, persuadés qu’il ne veut pas gaspiller de l’essence á s’arrëter et redémarrer pour nous. En fait, il n’en est rien, il va tout simplement nous déposer au pied d’un raccourci... Le trajet jusque-lá est une succession magnifique de montagnes oranges et ocres. Nous ne nous baignons pas, il parait que c’est dangereux, on profite juste du soleil et du paysage en amoureux...
Pour passer la soirée, nous choisissons un bar-restaurant proposant une peña, un récital de musique traditionnelle. On s’attendait á une scéne, dix gugusses soufflant á qui mieux mieux dans leur flute de pan, et une atmosphére de samedi soir. On est tombé sur un jeune couple de musiciens et chanteurs merveilleux, au charango (petite guitare bolivienne) et instruments á vent, qui nous ont enchanté les oreilles une heure et demie durant. Formidable.

On ne va pas dormir trop tard car le lendemain une trés dure journée nous attend. En prévision d’éventuels treks en altitude du cóté de La Paz et Cuzco, on se dit qu’un petit essai d’une journée dans les lagunes de Kari-Kari toutes proches, entre 4200 et 4800 métres, sera un bon test. Il s’agit d’un ensemble de 35 lagunes artificielles, construites au XVIIéme siécle pour les besoins de la mine et l’alimentation de la ville en eau potable. Chacune d’entre elle a le fond recouvert de cuir de lama pour assurer son imperméabilité!! Et c’est pas des flaques pourtant, pauvres lamas.
Le test en tout cas est concluant : on n’ira plus jamais marcher en altitude, sauf si ca descend !! La promenade, avec un guide charmant et compétent de notre age, sera raccourcie pour ne grimper un peu péniblement que jusqu’á 4600 métres. Malgré nos difficultés respiratoires, un splendide panorama s’offre á nous, englobant tout le Cerro Rico, la ville de Potosí et toutes les Andes alentours. Cette journée nous permet en outre de discuter longuement avec notre guide des deux sujets phares en Bolivie : le foot et la politique.
Le soir, aprés une trés longue sieste, nous sommes á nouveau agréablement surpris par l’accueil des Boliviens : il suffit de consulter un plan de la ville en rue pour qu’une dame nous interpelle depuis l’autre coté de la rue pour nous aider et s’en va en nous remerciant de visiter la Bolivie... Assez incroyable.
Ceux d’entre vous qui connaissent Potosí se demandent sans doute oú on a calé la visite des mines dans ce timing. En fait, on a décidé de ne pas la faire pour plusieurs raisons. D’abord pour nous : on n’était pas súrs d’apprécier de rester 3h dans des boyaux étroits, á plus de 40degrés, á plusieurs niveaux sous la surface. Ensuite, pour le “spectacle” qu’il s’agissait d’aller voir : des gens qui crévent de misére dans des conditions de travail catastrophiques, cela ne nous poussait pas á vouloir dépasser notre petite claustrophobie.

Nous deux

Tuesday, December 14, 2004

¡ Vale un Potosí !

Je suis la riche Potosí,
Trésor du monde...
Objet de convoitise des rois

C'est donc á 7h du matin que nous prenons le bus qui en 12 heures doit nous amener á Potosí, capitale de l'argent située á 4000 métres d'altitude. On ne sait pas comment le chauffeur a réussi á tenir son timing avec une crevaison et un rio en crue, devant lequel on a dü attendre qu'un bulldozer remette la route au milieu de la riviére. Mais il l'a fait, c'est donc sous une pluie battante que nous sommes arrivés á destination, enfin á coté de la gare routiére, une fois de plus inaccessible vu l'encombrement. Nous trouvons refuge dans l'Hostal Compania de Jesus (!), qui avait du etre nettoyé en son temps...
Potosí n'est pas n'importe quelle ville. Son "cerro rico" ("montagne riche"), exploité depuis 1550, a financé le développement économique de l'Europe pendant trois siécles. Méres des malheurs du monde, les mines d'argent de Potosí ont permis la naissance du capitalisme et le financement des guerres européennes, en engloutissant dans ses entrailles 8 millions d'esclaves indiens et africains.
Nous commencons notre visite de la ville par la visite, en francais svp, de la Casa de la Moneda, oú le royaume d’Espagne a frappé sa monnaie durant trois siécles, et la République de Bolivie pendant encore une centaine d’années après lui. Car, comble de l’ironie, aujourd’hui la Bolivie achéte ses piéces á une entreprise espagnole !! Par cet endroit est passé tout l’argent volé á l’Amérique pour enrichir l’Europe et l’Eglise (d’oú on devrait revoir cette histoire de dette du tiers-monde…). On a pu constater notamment l’ingénieux systéme de coffre-fort, plus inviolable que tous les camions Brinks du monde. L’anecdote qui tue : quand une équipe étatsunienne, en 1985, retrouve au large de la Floride un navire espagnol chargé jusqu’á la gueule de lingots potosiniens, le Trésor américain se garde le butin et envoie deux piéces de monnaie en souvenir au musée… Nous commencons á admirer les peintures de l’école potosinienne et de son grand maïtre Holguin. Point commun á toutes les toiles que nous verrons dans la ville : les Romains crucifiant le Christ ressemblent méchamment á des Espagnols…
Nous enchaïnons par la visite du couvent Santa Teresa oú vivaient cloïtrées des dizaines de carmélites, dans un luxe et une richesse inouïs. Des 18 patios il n’en reste aujourd’hui que trois, dont deux sont réservés au musée et un toujours utilisé par les derniéres sœurs. Nous y sommes guidés par une espéce de Passe-Partout tenant dans sa main un trousseau de clés moyennageuses impressionnantes !!
Le jour suivant, pour ne pas nous dépayser, nous visitons le couvent San Francisco, qui serait relié au précédent par un souterrain ?? Mais ce n’est surement que médisance. Après avoir fait rever notre guide en lui confiant que nous avons visité Assise l’année derniére, ce dernier nous emméne nous balader sur les toits de l’église, d’oú nous avons une vue magnifique sur le Cerro Rico et toute la ville de Potosí. La fin de la visite est plus glauque, puisqu’elle se passe dans les catacombes, anciennement emplies de cadavres. Nous sommes á nouveau frappés par la richesse exubérante du lieu en contraste avec la pauvreté évidente des familles des mineurs de Potosí.Notre passage par un resto végétarien, pour faire plaisir á Nadége, se révéle définitivement destructeur pour ce qu’il nous reste de systéme digestif. Nous ne repartons que tard dans l’après-midi et fort péniblement, pour passer par une ancienne église reconvertie en école et atelier de restauration d’œuvres d’art, extremement actif au niveau du patrimoine potosinien. Nous nous rendons ensuite á Jerusalem, enfin dans son église, oú une guide nous montre á nouveau en francais les richesses des peintures, des fresques et des retables couverts d’or, le tout du XVIIéme siécle et formidablement conservés. Nous finissons la journée dans la cathédrale, regardant le coucher de soleil depuis le haut de son clocher. Un guide un tantinet zinzin nous révéle les beautés cachées de l’église, dont un splendide baptistére d’albatre.

Thursday, December 09, 2004

Le Sud de la Bolivie

Dur dur de s’y remettre quand tout ce que Lau avait ècrit pendant une demi-heure a ètè mèchamment effacè par un ordinateur malveillant… Je retente ma chance, avec une confiance limitèe dans les connexions boliviennes. Faut oser…

Nous quittons Tupiza dans le seul bus disponible, c’est-à-dire un bus de nuit, ce qui ne nous plaît guère. Au final on ne regrette pas trop : la route dèjà terrifiante de nuit aurait ètè une torture la journèe. Pour vous donner une idèe, il y a 120km à vol d’oiseau entre les deux villes ; ce qui signifie en bus bolivien 9h30 de trajet… Ceci dit le bus doit être très bon parce qu'on rèussi à respecter l’horaire malgrè deux pannes et une crevaison !!

Arrivèe à Tarija, on n’a pas l’occasion de constater si la ville en vaut la peine puisqu’il est 4h du matin et qu’on s’empresse de se trouver un lit pour finir la nuit. Bon choix, certainement un de nos meilleurs hostal en Bolivie ! Comble du bonheur, Tarija compte de bons restaurants, oú nous allons pouvoir dèguster de la nourriture à peu près europèenne et par là même reposer nos intestins qui ont vraiment du mal depuis notre arrivèe en Bolivie. Vous ne nous croirez pas, on s’est enfilè une fondue au fromage ce premier jour… Bon c’est pas encore la savoyarde, malgrè tout quel dèpaysement ! On sent à nouveau la proximitè de l’Argentine, Lau se règalera de splendides mèdaillons.

Tarija ce sont surtout pour nous les paysages et les villages qui l’entourent, sans compter les vignes. Dès ce premier jour on rejoint le plus proche village, San Lorenzo, histoire de jeter un coup d’œil à sa cathèdrale, une maison-musèe, et quelques kms de marche pour admirer la chapelle du village voisin, Lajas. Notre compagne de voyage dans le trufi/taxi entame la discussion : elle se demande si on est Allemand, elle a pu èlever son deuxième enfant grâce à un « parrain » allemand qui l’a soutenue plusieurs annèes. Elle nous invite à goûter l’un des vins particuliers de la règion : après le vin en TetraBrik nous dècouvrons le vin en bouteille plastique de coca, recyclèe pour l’occasion… on ne critiquera pas, on l'a dègustè 3 jours durant.

Le dimanche qui suit est un jour particulier : c’est-à-dire que dèjà les dimanches on n’adore pas, vu que tout est fermè gènèralement, mais là en plus il s’agit d’un dimanche d’èlections (donc TOUT est vraiment fermè), couplè par sècuritè à l’interdiction de faire rouler quoi que ce soit : ni bus, ni taxi, ni rien. On passe donc une journèe tranquillette à visiter les parcs en se tenant la main… quel romantisme. Au moins, vu qu’on est redescendus à 2000m, on n’est plus constamment essoufflès dès qu’on fait dix mètres… ça repose !
Question èlections on devrait commencer à s’y connaître, vu qu’on a quittè le Chili juste après ses municipales, et qu’on est arrivès en Bolivie quelques semaines avant les siennes. Ca ne veut pas dire qu’on est devenus des pros : on n’a toujours pas compris qui avait vraiment gagnè les èlections ici, vu que tout le monde affirme que c’est lui. Par contre on commence à bien connaître le principe d’une campagne : le parti loue une maison, un commerce ou un entrepot, il loue ensuite des très très très gros baffles et le but est de mettre sa musique plus forte que celle du parti qui loue la maison d'à cotè... Tout est bon pour faire le plus de bruit, même une fanfare bruyante de gens bourrès sous notre fenêtre jusque vers 3h du matin. C’est une autre culture, quoi.
Tarija se rèvèle une ville très agrèable, mais notre sèjour y est èmaillè de l’un ou l’autre couac. Gros projet : descendre un chemin de l’Inca (pour une fois qu’il y en a un qui fait que descendre !) en une belle rando de 8h. Seule chose à organiser : le transport aller et retour. Un petit tour par les agences nous convainc de nous dèbrouiller nous-mêmes, vu leurs prix complètement dèlirants. A l’office du tourisme on nous envoie vers l’organisation municipale de gestion de l’environnement. Nous y accueille un monsieur très gentil qui nous explique que ce que l'on veut faire est très simple, ils pourront s'occuper de tout, ..., quand ils auront fini de construire les infrastructures d'ici 2005-2006 !, pour l’instant il faut s’arranger avec l’organisme qui gère le parc et qui y dispose de nombreux gardes-guides, vèhicules pour nous acheminer et dortoirs. De toutes manières il faut aller les voir pour qu’ils nous dèlivrent un permis d’entrèe. Notre visite de ce dernier organisme achève nos espoirs : pour tout vèhicule ils n’ont que des motos, impossible de nous transporter, on doit prendre le bus à 20h pour arriver à 23h en haut et chercher le dortoir (il paraît que c’est facile à trouver mais quand même !) et une fois arrivès en bas il suffit encore de parcourir une quinzaine de km pour aller prendre un bus au prochain village. Quant au permis, on lui a laissè une bonne demi-heure pour le trouver, sans succès...
Vous le comprendrez aisèment, après avoir bien pesè le pour et le contre, on a laissè tomber le chemin de l’Inca… mais ce n’est que partie remise.

Après dîner on se dècide pour les ravissantes chutes de Coimata. Un premier micro nous emmène en quelques minutes à l’entrèe du chemin qui mène aux chutes, que l’on veut faire à pied : il ne devrait y avoir que 5 kms. Après environs… 200m, les nuages quelque peu menacants se mettent à nous tomber dessus, en douceur pour commencer. On parcourt finalement le trajet en micro, et jurè il y avait beaucoup plus que 5km !! Arrivès aux chutes, nous avons environs 1 minute pour regarder le mince filet d’eau, avant qu’un dèbut de drache ne nous fasse battre en retraite, heureusement sous un abri. Une bonne demi-heure plus tard, on a perdu l’espoir de revoir le soleil, et on profite d’une mince èclaircie pour parcourir 200m jusqu’à l’abri suivant. Redrache, mais on repart peu après pour parvenir à l’arrêt du micro, car maintenant c’est sûr, l’après-midi est foutu, la pluie ne s’arrêtera pas : c’est pas des cordes qui tombent, c’est une vraie douche.
On parvient pas encore trop mouillès jusqu’au musèe de la ville. Pas de bol, la moitiè est en nettoyage, on ne peut voir que les pièces des « cailloux » et celle des "pots"… Visite expèdièe en quelques minutes vu notre manque d’intèrêt. Dehors il bruine et il fait toujours menacant, mais bon, on n’habite pas si loin. C’est juste à mi-chemin que la drache nous retombe dessus, nous forcant à nous abriter. En fait, on va rester plus d’une heure dans ce self-banque, à regarder au-dehors une vèritable tempête (des toits auraient même ètè emportès). De l’eau comme on en n’avait jamais vue, des grêlons de 2cm de diamètre, les rues transformèes en fleuves de 20, 30 cm de profondeur, jusqu’à ce que ca passe les trottoirs, les voitures qui peuvent presque plus avancer… Du mal à y croire, parce que ca dure, ca dure !! On rentrera finalement à l’hostal presque en nageant… Les chaussures de Lau mettront plus de 24h à sècher !! La cour de l'hostal n'est qu'une couche de 10cm de grelons !
Ceci est donc notre premier contact avec la saison des pluies. On commence à comprendre le principe : ciel bleu, soleil et chaleur ètouffante le matin, le ciel se couvre dèbut d’après-midi, douche courant d’après-midi, et soirèes plutot sèches. Le lendemain matin on part donc suffisamment tôt pour une balade dans les paysages de quebrada qui entourent Tarija. C’est assez difficile d’expliquer à quoi ca ressemble : la terre, sous l’effet de l’eau, se fend en crevasses, de quelques cm à quelques mètres de large et de profondeur, tandis que la surface continue de paraître plane depuis le lointain. Cela crèe des paysages ètranges, oú se distinguent diffèrents ètages de couleur dans la terre. A la fois très simple et très beau. On se laisse promener par les reliefs, à la dècouvertes des rios cachès et des passages d'eau assèchès.
On laisse passer la pluie en mangeant, et on termine la journèe par une balade en micro jusqu’au rèservoir de San Jacinto, en discutant avec le chauffeur des diffèrentes cultures qui sont communes à la Bolivie et à la Belgique. San Jacinto est un grand lac artificiel sur les bords duquel se sont installès des commerçants qui proposent outre les traditionnels humitas, des crèpes qui vu la tête de Nadège ne doivent pas être aussi bonnes qu'à la maison... Nous profitons tout de même de l'endroit pour observer un très beau coucher de soleil.
Une bonne nuit de sommeil ensuite, pour se prèparer à affronter les 12h de bus de jour (! on a du se battre pour avoir des places, toutes les compagnies voulaient qu'on prenne les bus de nuits!) du lendemain, qui nous mèneront à Potosi…

Nad pour nous deux. (mais Lô avait commencè et c'est la faute aux ordis boliviens !)

Friday, December 03, 2004

WWAAAAOUOUWW!!!!

C'est donc á 4h du matin que nous émergeons de notre demi-sommeil ; grace á notre parfaite organisation on parvient á partir dans le noir complétement habillés et sans rien oublier pour atteindre vers 5h30 le lieu-dit Sol de Mañana : un champ d'activité géothermique grouillant de geysers!! Ils se révélent encore plus impressionnants que ceux que nous avons visités du coté de San Pedro de Atacama, avec de grosses mares de boue brúlante et bouillonnante, crachant leurs entrailles vers le ciel jusqu'á plusieurs métres de haut. Nous sommes á plus de 4800 métres d'altitude, la respiration est vraiment dure, mais nous profitons pleinement de cette balade matinale extraordinaire. Nous avons l'impression d'ëtre sur la lune... et cette impression se reproduira encore maintes fois au cours des deux jours suivants.

On reprend la route pour traverser une peinture de Salvador Dali : d'étranges rochers aux formes fluides, posés sur le désert dans une harmonie étrange, au pied de la colline aux 10 couleurs. Le site du petit déjeuner nous attend : au bord d'une piscine naturelle d'eau limpide á 35degrés (re-re-rebelote) entourée de montagnes et de volcans majeusteux oú nous nous baignons avec bonheur (rappelons que nous sommes privés de douches pour 3 jours quand meme). Un flamand rose nous observe avec intéret. Un autre passe en rase-motte á quelques métres seulement de nous : quelle gráce, quelle majesté. On en reste bouche bée, á nouveau. Oeufs sur le plat et crepes au caramel, on est gatés!!

Nous ne sommes en fait qu'á quelques minutes de la Laguna Verde, une des autres grandes attractions de l'équipée. Vers 10h-11h, elle est censée changer de couleur, en différentes tonalités de vert, á cause du vent qui remue les minéraux au fond. Mais pour une fois point de vent!! Ce qui nous vaut une autre vue tout aussi splendide : le volcan Lincancabur se reflétant á la perfection dans les eaux verdatres de la lagune... un pur moment de magie. Nous sommes en fait revenus trés prés de San Pedro de Atacama, d'oú l'on voit l'autre face de ce volcan. La frontiére chilienne se profile á moins de 3 kilométres ... Nos compagnons australiens s'y rendent d'ailleurs : aprés les avoir confiés au bus á la Laguna Blanca, nous jouissons cette fois d'un confort excentrique dans la jeep!
Nous commencons á tracer la route dans des paysages toujours aussi fascinants, le long de différentes lagunes ; le vent toujours absent nous permet d'admirer la réflexion des volcans, des nuages et des flamands (et parfois meme une vigogne) dans des eaux de couleur variée, une vision idyllique. Nous ne cessons de faire arréter la voiture pour prendre des photos. Aprés quelques heures de route dans un paysage assez désertique, nous descendons dans une vallée á la végétation de boffedals oú paissent d'innombrables lamas, pour y díner. Un endroit idyllique, un parterre de verdure entrecoupé de petits rus, splendide. Alors que nous sommes assis en train de manger, un tout petit bébé lama s'approche de nous á pas hésitants... il est tout proche á présent, tout le monde retient son souffle... puis Laurent tourne la tete et il part en courant. Notre chauffeur nous explique qu'il a du prendre Lo pour sa maman, grace á son pull en polar brun... autre instant magique!!

Nous roulons á nouveau plusieurs heures durant, chargeant á l'occasion deux autostoppeurs (adieu confort total), sur les contreforts des montagnes Los Lipez. Ce sont des champs de montagnes vieilles et érodées qui s'étendent á l'infini autour de nous, des paysages toujours plus hallucinants. Nous traversons le village fantome de San Antonio de Lipez : la légende raconte que le village richissime grace l'éxploitation des mines d'argent avoisinantes a sombré petit á petit dans la débauche... celá étant du á la nature du propriétaire de la mine : le diable. Celui-ci ayant été mis en déroute par un évéque opiniatre, les mines se sont taries et le village est mort... C'est dans le nouveau village de San Antonio que nous passons la nuit.

L'heure de départ est un peu plus raisonnable (8h) ce quatriéme jour, et nous ne roulons qu'une heure avant de nous arréter á San Pablo de Lipez. Un rapide tour dans le village, et nous sommes repartis pour 250 bornes de montées et de descentes, dans ce meme paysage de montagnes érodées á l'infini. On s'arréte pour díner juste avant la derniére montagne á franchir, qui va nous offrir de son sommet une vue époustouflante sur une région rocheuse dominée par les tons rouges et ocres. La descente est formidable, ponctuée de points de vue sur des champs d'aiguilles de roc (El Sillar) indescriptibles.
Enfin c'est l'arrivée á Tupiza : ouf nos sacs sont lá et vive la douche. Une derniére excursion nous emméne voir des cathédrales de pierre rouge tout aussi indescriptibles, et nous rentrons juste avant l'orage 8saison des pluies oblige)

Quelle épopée... Ces quatre jours seront certainement l'un des grands souvenirs de ce voyage.
Tupiza pour nous c'est le repos, une petite balade jusque dans un canyon rouge á nouveau incroyablement impressionant, la piscine, un bon lit, le temps de récupérer. Nous visionnons les photos de nos amis anglais en espérant pouvoir vous montrer les memes...

Nad pour nous deux.

WAAOUW !!

Le Salar... gigantesque étendue de sel, vestige d'une ancienne mer intérieure asséchée, d'un blanc aveuglant qui s'étend á perte de vue. Pour vous donner une idée, pour la route on se repére en fonction des montagnes á l'horizon! Petit arrét pour quelques photos aux "montones de sal", cones de sel arrosées en plein procésus de cristalisation, autre arret au fameux (mais peu intéressant) Hotel de Sel (tout construit en sel, si si y compris les lits et le mobilier), ensuite aux "OJos de Sal", lá oú respire le Salar : c'est un endroit oú les riviéres qui passent sous le Salar se frayent un petit chemin jusque la surface, en gros bouillons au bruit étonnant. Nous ne pouvons détacher nos yeux de cette surface blanche á l'infini, brisée en de multiples hexagones qui s'agrandissent et se raréfient au fur et á mesure, jusqu'á présenter une surface immaculée parfaitement plane lá oú le sol est plus humide.

Le picnic se fera au pied de la Isla Incahuasi ou íles des Pecheurs, que nous visitons en promenade apéritive. Etrange ile au milieu d'une mer de sel, couverte de cactus aux formes... évocatrices, et grand moment d'émotion en arrivant au sommet. Nous sommes rapidement rassurés sur la qualité de la nourriture que Fausta nous réserve et repartons gavés vers une grotte qui vient d'etre découverte et ouverte au public. Galaxia 2 estrellas est une merveille naturelle de dentelle arachnéenne de pierre, seulement deux salles mais nous en restons béats d'admiration. Juste á cóté, la Cueva del Diablo, un ancien cimetiére dans une autre grotte, dont toutes les tombes ont été vidées avant l'arrivée des Espagnols pour leur éviter d'étre pillées. Des formations rocheuses devant ces grottes nous font penser á des cactus pétrifiés, mais Ambrosio nous assure que c'est du corail en forme de cactus... que croire?? on est effectivement sur une trés ancienne plage.... L'ancien niveau de la mer se voit d'ailleurs trés nettement sur les flancs des montagnes environnantes.

Arrét suivant, la grotte des momies. Principe d'écotourisme, ce sont les habitants du lieu qui gérent les visites des touristes et donnent les explications. C'est chouette sauf que notre guide un petit peu "spécial", nous expliqua comment vivait lá une famille de momies, avec le papa momie, la maman momie, la chambre du bébé momie... Intéressant malgré tout mais beau fou rire!! Aprés avoir inconsciemment sorti de ma poche un sac de pralines au chocolat pour en offrir á notre guide (et l'avoir instantanément vidé dans les mains des enfants... damned, pour une fois que je trouvais du vrai bon chocolat ! équitable en plus!), nous repartons vers notre gite pour la nuit, Colcha K. Nous passons un long moment á jouer aux cartes á la lueur d'une lampe au gaz (le principe : une bombonne de gaz avec une ampoule au-dessus...?), et vers 19h30 arrive la premiére des deux heures d'électricité quotidienne, ce qui nous permet de prendre une douche, la derniére avant trois jours... Pour ceux qui s'interrogent, la douche chaude en Bolivie c'est en fait une douche avec un truc électrique sur le pommeau pour chauffer l'eau au moment oú elle passe dedans. Ca fait un peu peur au début, depuis on s'habitue.

Sur la route dés 7h du matin, nous traversons un autre Salar, riche en borax, et passons le long d'innombrables lagunes remplies de flamands roses. Sur ces 4 jours nous avons développé une grande affection pour ces splendides oiseaux, un peu trop farouches pour les photos mais tellement magnifiques. Nous sommes dans le désert á présent (Siloli), meme plus un cactus, et pourtant c'est sous la neige que nous dinons, en observant des petites tornades de sables sur la lagune.

Confortablement installés dans notre jeep nous restons émerveillés par les paysages de volcans et de lacs, seuls sur cette route (la Valle des las Rocas) puisque on vous l'a dit, c'est une chouette agence, et toutes les autres jeeps sont ailleurs... Nous retrouvons tous les autres touristes dans un lieu étrange, oú l'eau et le vent ont sculptés d'étranges rochers, dont le plus connu, l'Arbol de Piedra (arbre de pierre).
Non loin de lá se trouve notre refuge pour la prochaine nuit, au bord de la Laguna Colorada, que nous allons d'abord admirer du haut d'un mirador. Merveilleuse lagune rouge, dont la vue nous coupe le souffle (le vent y était sans doute aussi pour quelque chose??). Nous nous baladons encore sur ses bords en nous enfoncant dans une vase blanche comme la neige (serait-ce de l'arsenic?), sous les rayons rasants du soleil qui nous donnent des ombres démesurées.
Quelques parties de cartes, le souper, et les cartes á nouveau jusqu'a l'extinction de l'électricité. On a enfin trouvé l'utilité de notre lampe frontale!! Courte nuit dans de mauvais lits en dortoirs, mais le lever á 4h du mat' en vaudra la peine...

En route vers Uyuni

Derniére journée á Oruro avant de prendre le train dans l'aprés-midi, nous en profitons pour visiter le musée d'archéologie et anthropologie. Ils font des efforts, ca se voit mais lá c'est pas encore tout á fait ca (beaucoup de piéces mais peu d'explications, sur des sculptures de pierre pourtant étonnantes) mais bon, nous passons un moment intéressant. Je supporte de moins en moins ces momies en vitrine, d'abord ca fait froid dans le dos (il ne reste pas que les os, si vous voyez ce que je veux dire) et en plus qu'est-ce que ca fait lá, je n'aimerais pas finir dans un vitrine, surtout dans cet état-lá...
Un petit tour á la blanchisserie nous permet d'apprendre que l'Atlantide se trouvait en fait en Bolivie, du coté des Salar, ah bon ?! Il paraít que c'est pratiquement certain... Il faudra qu'on m'explique comment les Grecs en sont venus á raconter l'histoire alors, Santorin ou la Créte me paraissait quand meme plus convaincant.
Aprés un bon diner que je regretterai trés fort quelques heures plus tard, nous embarquons dans le train pour Uyuni. Trajet formidable, les rails passant en plein milieu du lac Poo Poo (du moins c'est l'impression que cela donne) oú se prélassent des milliers de flamands roses. On n'en a jamais vu autant, c'est une vision formidable, tout á fait magique. Le décor de montagne ne nous lasse pas et nous restons pendus aux fenëtres jusqu'á la nuit, au son de formidables clips boliviens un tantinet répétitifs.
Arrivée á Uyuni tard le soir, heureusement nous avions réservé une chambre, pour une fois c'était utile. Nous passons la journée du lendemain á choisir soigneusement l'agence avec laquelle nous effectuerons l'excursion pour laquelle tout le monde vient en Bolivie, le Salar d'Uyuni. Nous nous décidons pour un Uyuni-Tupiza en quatre jours, avec une agence dont nous n'aurons qu'á nous féliciter!! En-dehors de ca, Uyuni a peu á offrir, marché fermé, musée introuvable, amas de touristes aux terrasses et racolement permanent des agences... La fresque naïve de l'église est cependant splendide. Nous ne trouvons pas mieux que de nous associer aux autres touristes pour descendre deux biéres sur une terrasse... sans nous souvenir qu'une biére ici se sert en bouteille de 600ml ! On manque un peu d'entrainement, c'est clair...
Un peu de stress quant au choix de l'agence (on a entendu tellement d'histoires!), la question des compagnons de route (quatre jours c'est long et on n'a pas la moindre idée des personnes sur qui on va tomber ni de leur nationalité), et le fait d'avoir laissé deux sacs á l'agence, que l'on doit retrouver 4 jours plus tard á Tupíza...

Et nous voilá embarqués le dimanche matin á 8 dans une 4x4 étonnamment confortable : Ambrosio notre chauffeur guide, épatant de prudence, son épouse Fausta pour la cuisine (on s'est régalés et on a toujours eu trop, je sais que ca en étonnera certaines qui ont mouru de faim pendant trois jours - la politique de l'agence est d'engager systématiquement la femme du chauffeur comme cuisiniére, n'y voyez pas une aide sociale quelconque !, c'est juste pour qu'elle surveille que son mari-chauffeur ne boive pas tous les soirs !! et ca marche...), Andy et Bianca d'Australie et Nick et Sara pour représenter Londres. A part le fait que c'est en anglais que le voyage s'est passé, ce qui était moins drole pour nous, ces compagnons se sont révélés vraiment chouettes. Ils nous permettront meme peut-etre de vous faire parvenir quelques photos...

Le premier arrét, un cimetiére de trains, est de peu d'intérét pour nous. A Colchani, oú s'extrait et se prépare le sel, nous sommes surtout frappés par le contraste entre la pauvreté du village et l'afflux de jeeps de touristes. Nous ne nous y sentons pas bien. Bien vite, nous reprenons la route et rentrons dans le SALAR.