Au bord du lac Titikharkha
Notre premiére matinée au Pérou est essentiellement organisationnelle, comme d’habitude. Banque et ses foirages, agences, bus, office du tourisme,... Nous souhaitons partir visiter les ïles au coeur du lac, un peu frustrés d’avoir passé si peu de temps sur la Isla del Sol. C’est possible de s’organiser tous seuls, mais c’est un chouia compliqué et des agences peuvent l’arranger pour pas grand-chose… On prend quand meme soin de choisir une agence « responsable », qui s’investit dans l’éducation des gosses des iles. Le départ n’est que le lendemain matin, c’est pourquoi nous passons l’après-midi avec la visite du site funéraire pré-inca et inca de Sillustani. La visite est super bien guidée, et nous découvrons que les Incas construisaient des tombes de 17m de haut á l’épreuve des tremblements de terre…
Réveillés á 4h (boucan dans l’hostal), levés á 6h30, nous embarquons dans un petit bateau, plus rapide qu’en Bolivie (mais c’est pas encore ca !!), en direction des ïles flottantes, los Uros. Ces iles artificielles sont constituées de couches superposées de totora (roseau du Titicaca), renouvellées au fur et á mesure que la couche inférieure pourrit. Cette destination ultra touristique nous décoit, on a l’impression d’etre au zoo… surtout avec des touristes (devinez quelle nationalité) mitraillant tout un chacun de photos á 3cm de recul… Le petit trajet en bateau de totora est néanmoins assez plaisant. Nous rembarquons alors sur notre embarcation pour plus de 3h interminables de navigation jusqu’á l’ile de Antamani.
Nous y sommes accueillis par les villageois, qui pour résister á l’assaut des agences de tourisme se sont organisés pour encadrer l’accueil des touristes : ils les recoivent donc á la maison, par un systéme de tournante entre les familles. Le logement est rudimentaire mais accueillant (le plus dur : les « toilettes » au fond du jardin). On est arrivés á 13h30, on a déjá faim, et on ne comprend pas bien quand et oú on va manger… Plan B en action : on descend á la cuisine « on peut vous aider á préparer ?? ». La cuisine est une piéce en adobe séparée de la maison, aux murs noircis, dans laquelle brule un grand feu de bois á meme le sol, sur lequel fument quelques casseroles de céramique. Nous discutons un peu avec la mére de famille avant de dévorer, vers 14h30, un délicieux repas tout simple préparé juste pour nous deux. C’est l’heure de la balade, que Laurent entreprend sans Nadége qui reste dormir. Au sommet de l’ile sont construits deux temples, l’un dédié á la Pachamama (la Terre Mére), l’autre au Pachatata (le meme au masculin), toujours utilisés aujourd’hui une fois par an. La promenade offre surtout de magnifiques perspectives sur l’ile et le lac. Après un coucher de soleil splendide, nous attendons dans notre chambre, éclairée d’une unique bougie, que l’on vienne nous chercher pour le repas du soir. Mais c’est avec tous les plats en main que débarque la jeune fille de la maison… Nous soupons donc en solitaire á la chandelle, c’est bucolique mais un peu tristounet. On a pourtant vu partout dans l’ile des fils électriques, et une ampoule pendouille au milieu de notre chambre. Reste á deviner á quel moment de l’année ca s’utilise…
La soirée est plus gaie et animée. La famille nous prete des vetements traditionnels : deux jupes, chemisier, ceinture brodée et long tissu brodé pour la tete pour Nad, poncho et bonnet pour Lau. On se sent á peine déguisés… Nous nous rendons avec les deux jeunes filles de la famille á une fete organisée pour nous, animée par deux groupes de musique locaux et éclairée par deux lampes á gaz fort capricieuses. Après 4 danses (d’au moins un quart d’heure chacune) á prés de 4000m d’altitude, nous rendons les armes et, á bout de souffle, nous allons nous coucher. La pluie ne cesse guére de la nuit, et c’est fou le bruit que ca fait sur un toit de tole ondulée. C’est toujours sous une pluie battante que nous nous réveillons á 6h30 (c’est pas gai la toilette au fond du jardin sous la pluie), et après un petit déjeuner tout aussi peu familial mais toujours aussi bon, nous réembarquons en direction de l’ile de Taquile (1h). L’accueil y est beaucoup moins agréable qu’á Uros ou Amantani, les iliens blasés du tourisme ne font que vendre ou tendre la main, on a l’impression de devoir payer si ils nous ont répondu bonjour. Pas gai. Balade de trois quarts d’heure en montée, petit repos sous le soleil, diner puis descente des 540 marches de l’escalier inca et c’est le dernier embarquement, á nouveau 3h30 de trajet tout aussi interminable que l’aller, bien que l’on soient installés sur le pont arriére au soleil.

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