Le Sud de la Bolivie
Dur dur de s’y remettre quand tout ce que Lau avait ècrit pendant une demi-heure a ètè mèchamment effacè par un ordinateur malveillant… Je retente ma chance, avec une confiance limitèe dans les connexions boliviennes. Faut oser…
Nous quittons Tupiza dans le seul bus disponible, c’est-à-dire un bus de nuit, ce qui ne nous plaît guère. Au final on ne regrette pas trop : la route dèjà terrifiante de nuit aurait ètè une torture la journèe. Pour vous donner une idèe, il y a 120km à vol d’oiseau entre les deux villes ; ce qui signifie en bus bolivien 9h30 de trajet… Ceci dit le bus doit être très bon parce qu'on rèussi à respecter l’horaire malgrè deux pannes et une crevaison !!
Arrivèe à Tarija, on n’a pas l’occasion de constater si la ville en vaut la peine puisqu’il est 4h du matin et qu’on s’empresse de se trouver un lit pour finir la nuit. Bon choix, certainement un de nos meilleurs hostal en Bolivie ! Comble du bonheur, Tarija compte de bons restaurants, oú nous allons pouvoir dèguster de la nourriture à peu près europèenne et par là même reposer nos intestins qui ont vraiment du mal depuis notre arrivèe en Bolivie. Vous ne nous croirez pas, on s’est enfilè une fondue au fromage ce premier jour… Bon c’est pas encore la savoyarde, malgrè tout quel dèpaysement ! On sent à nouveau la proximitè de l’Argentine, Lau se règalera de splendides mèdaillons.
Tarija ce sont surtout pour nous les paysages et les villages qui l’entourent, sans compter les vignes. Dès ce premier jour on rejoint le plus proche village, San Lorenzo, histoire de jeter un coup d’œil à sa cathèdrale, une maison-musèe, et quelques kms de marche pour admirer la chapelle du village voisin, Lajas. Notre compagne de voyage dans le trufi/taxi entame la discussion : elle se demande si on est Allemand, elle a pu èlever son deuxième enfant grâce à un « parrain » allemand qui l’a soutenue plusieurs annèes. Elle nous invite à goûter l’un des vins particuliers de la règion : après le vin en TetraBrik nous dècouvrons le vin en bouteille plastique de coca, recyclèe pour l’occasion… on ne critiquera pas, on l'a dègustè 3 jours durant.
Le dimanche qui suit est un jour particulier : c’est-à-dire que dèjà les dimanches on n’adore pas, vu que tout est fermè gènèralement, mais là en plus il s’agit d’un dimanche d’èlections (donc TOUT est vraiment fermè), couplè par sècuritè à l’interdiction de faire rouler quoi que ce soit : ni bus, ni taxi, ni rien. On passe donc une journèe tranquillette à visiter les parcs en se tenant la main… quel romantisme. Au moins, vu qu’on est redescendus à 2000m, on n’est plus constamment essoufflès dès qu’on fait dix mètres… ça repose !
Question èlections on devrait commencer à s’y connaître, vu qu’on a quittè le Chili juste après ses municipales, et qu’on est arrivès en Bolivie quelques semaines avant les siennes. Ca ne veut pas dire qu’on est devenus des pros : on n’a toujours pas compris qui avait vraiment gagnè les èlections ici, vu que tout le monde affirme que c’est lui. Par contre on commence à bien connaître le principe d’une campagne : le parti loue une maison, un commerce ou un entrepot, il loue ensuite des très très très gros baffles et le but est de mettre sa musique plus forte que celle du parti qui loue la maison d'à cotè... Tout est bon pour faire le plus de bruit, même une fanfare bruyante de gens bourrès sous notre fenêtre jusque vers 3h du matin. C’est une autre culture, quoi.
Tarija se rèvèle une ville très agrèable, mais notre sèjour y est èmaillè de l’un ou l’autre couac. Gros projet : descendre un chemin de l’Inca (pour une fois qu’il y en a un qui fait que descendre !) en une belle rando de 8h. Seule chose à organiser : le transport aller et retour. Un petit tour par les agences nous convainc de nous dèbrouiller nous-mêmes, vu leurs prix complètement dèlirants. A l’office du tourisme on nous envoie vers l’organisation municipale de gestion de l’environnement. Nous y accueille un monsieur très gentil qui nous explique que ce que l'on veut faire est très simple, ils pourront s'occuper de tout, ..., quand ils auront fini de construire les infrastructures d'ici 2005-2006 !, pour l’instant il faut s’arranger avec l’organisme qui gère le parc et qui y dispose de nombreux gardes-guides, vèhicules pour nous acheminer et dortoirs. De toutes manières il faut aller les voir pour qu’ils nous dèlivrent un permis d’entrèe. Notre visite de ce dernier organisme achève nos espoirs : pour tout vèhicule ils n’ont que des motos, impossible de nous transporter, on doit prendre le bus à 20h pour arriver à 23h en haut et chercher le dortoir (il paraît que c’est facile à trouver mais quand même !) et une fois arrivès en bas il suffit encore de parcourir une quinzaine de km pour aller prendre un bus au prochain village. Quant au permis, on lui a laissè une bonne demi-heure pour le trouver, sans succès...
Vous le comprendrez aisèment, après avoir bien pesè le pour et le contre, on a laissè tomber le chemin de l’Inca… mais ce n’est que partie remise.
Après dîner on se dècide pour les ravissantes chutes de Coimata. Un premier micro nous emmène en quelques minutes à l’entrèe du chemin qui mène aux chutes, que l’on veut faire à pied : il ne devrait y avoir que 5 kms. Après environs… 200m, les nuages quelque peu menacants se mettent à nous tomber dessus, en douceur pour commencer. On parcourt finalement le trajet en micro, et jurè il y avait beaucoup plus que 5km !! Arrivès aux chutes, nous avons environs 1 minute pour regarder le mince filet d’eau, avant qu’un dèbut de drache ne nous fasse battre en retraite, heureusement sous un abri. Une bonne demi-heure plus tard, on a perdu l’espoir de revoir le soleil, et on profite d’une mince èclaircie pour parcourir 200m jusqu’à l’abri suivant. Redrache, mais on repart peu après pour parvenir à l’arrêt du micro, car maintenant c’est sûr, l’après-midi est foutu, la pluie ne s’arrêtera pas : c’est pas des cordes qui tombent, c’est une vraie douche.
On parvient pas encore trop mouillès jusqu’au musèe de la ville. Pas de bol, la moitiè est en nettoyage, on ne peut voir que les pièces des « cailloux » et celle des "pots"… Visite expèdièe en quelques minutes vu notre manque d’intèrêt. Dehors il bruine et il fait toujours menacant, mais bon, on n’habite pas si loin. C’est juste à mi-chemin que la drache nous retombe dessus, nous forcant à nous abriter. En fait, on va rester plus d’une heure dans ce self-banque, à regarder au-dehors une vèritable tempête (des toits auraient même ètè emportès). De l’eau comme on en n’avait jamais vue, des grêlons de 2cm de diamètre, les rues transformèes en fleuves de 20, 30 cm de profondeur, jusqu’à ce que ca passe les trottoirs, les voitures qui peuvent presque plus avancer… Du mal à y croire, parce que ca dure, ca dure !! On rentrera finalement à l’hostal presque en nageant… Les chaussures de Lau mettront plus de 24h à sècher !! La cour de l'hostal n'est qu'une couche de 10cm de grelons !
Ceci est donc notre premier contact avec la saison des pluies. On commence à comprendre le principe : ciel bleu, soleil et chaleur ètouffante le matin, le ciel se couvre dèbut d’après-midi, douche courant d’après-midi, et soirèes plutot sèches. Le lendemain matin on part donc suffisamment tôt pour une balade dans les paysages de quebrada qui entourent Tarija. C’est assez difficile d’expliquer à quoi ca ressemble : la terre, sous l’effet de l’eau, se fend en crevasses, de quelques cm à quelques mètres de large et de profondeur, tandis que la surface continue de paraître plane depuis le lointain. Cela crèe des paysages ètranges, oú se distinguent diffèrents ètages de couleur dans la terre. A la fois très simple et très beau. On se laisse promener par les reliefs, à la dècouvertes des rios cachès et des passages d'eau assèchès.
On laisse passer la pluie en mangeant, et on termine la journèe par une balade en micro jusqu’au rèservoir de San Jacinto, en discutant avec le chauffeur des diffèrentes cultures qui sont communes à la Bolivie et à la Belgique. San Jacinto est un grand lac artificiel sur les bords duquel se sont installès des commerçants qui proposent outre les traditionnels humitas, des crèpes qui vu la tête de Nadège ne doivent pas être aussi bonnes qu'à la maison... Nous profitons tout de même de l'endroit pour observer un très beau coucher de soleil.
Une bonne nuit de sommeil ensuite, pour se prèparer à affronter les 12h de bus de jour (! on a du se battre pour avoir des places, toutes les compagnies voulaient qu'on prenne les bus de nuits!) du lendemain, qui nous mèneront à Potosi…
Nad pour nous deux. (mais Lô avait commencè et c'est la faute aux ordis boliviens !)

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