nadetlochezlesincas

Sunday, January 30, 2005

Bienvenue au Pérou !!

On y est arrivé, loin de Puno, Cusco et du Macchu Picchu il y a un pays : le Perou !
Certe il ne s’agit encore que du Perou urbain mais nous constatons (enfin) qu’il peut etre agréable de se balader au Perou sans etre harcelé a chaque pas... mais revenons en arriere.
Nad et Lo chez les incas ils commencent a « savoir voyager », aussi, forts de leur experience bolivienne, quand vient l’heure d’embarquer dans le bus nocturne qui nous conduit de Cusco a Arequipa, nous laissons la couverture (en fait le poncho acheté par Laurent a Chiloe, ca date...) dans le sac á dos dixit : « on n’a pas eu froid une seule fois dans les bus boliviens alors ce n’est pas dans un bus peruvien que ca arrivera ». Bien vu !! C’est pas qu’il a fait froid, non, c’est que le soir une buée s’etait formée sur les vitres du bus et que vers 2 h du mat' cette buée n’etait rien de plus qu’une couche de glace ! A l’interieur...
Bien joué ! Hormis ce « petit désagrement », le voyage se passe fort bien, avec un repas a bord carrément pas mauvais... (la on avait raison, on n’est plus en Bolivie). On arrive donc a l’aube dans la ville d’Arequipa, des notre arrivée nous sommes sous le charme de cette ville entourée de montagnes et de volcans et couverte d’une legere brume lui donnant un aspect surrealiste.
Arrivé au terminal de bus nous devons choisir un des 8.623 taxis qui stationnent devant le batiment en klaxonnant et hurlant bien fort « TAXI » au cas ou on n’aurait pas encore vu... Mais il y a comme un probleme : d’un cote il y a nous, avec nos deux sacs a dos de 18 a 20 kilos sur le dos et en main nos « petits » sacs a dos qui doivent approcher les 10 kilos... sans oublier le sac en plastique avec les provisions (au cas qu’on reste coincé 24 heures sur la route..., ca arrive, ne rigolez pas !). De l’autre cote il y a certe 8.650 taxis (des qu’un part il en a 3 qui arrivent), mais leurs voitures ressemblent furieusement aux cuistax d’Ostende avec une carrosserie, c’est comme des chassis de voiture sans permis mais un peu plus petit... Nous attendons donc qu’une voiture-taxi passe (vide), ce qui nous donne l’occasion de parfaire notre phrase fetiche « NO GRACIAS !!! ».
Arrivés a notre hostal nous sommes accueillis en pyjama par le receptionniste qui nous propose une chambre (pas trés top) pour patienter que notre chambre soit nettoyée. Il est 6 du mat’. C’est vers midi que nous nous installons dans une grande et agréable chambre que nous ne quitterons plus pendant plus d’une semaine. En effet les intestins de Nad nous font clairement comprendre qu’il faut s’arreter un moment pour se reposer et consulter un médecin. Ce que nous avons fait. C’est donc au rythme des siestes, des journaux de TV5 et des bouquins que Nadege passe sa semaine, en mettant le nez dehors pour voir le medecin et manger (quand meme...). Pour ma part, j’arpente seul les rues tres agréables d’Arequipa. Le centre historique est construit en sillar (pierre volcanique blanche) qui lui donne un charme particulier (pas sans rapeller la splendide Sucre). Monasteres, eglises, cathedrale, maison du XVIIeme siecle et musées remplissent largement mes journees. Au domaine des points importants il faut citer la creperie de l’Alliance Francaise qui, comble du bonheur, nous propose des vrais croissants francais au petit dejeuner ! On les a adoptés... Citons egalement l’agréable surprise des differents restaurants du coin, tous aussi bons les uns que les autres, des italiens a la cuisine typique de la ville, en passant par un turc extraordinaire, que de bonnes surprises...
L’estomac contenté, parlons culture et particulierement du couvent de Sainte Catherine, que nous avons visite a deux (une fois n’est pas coutume), qui compte 8 rues, 4 places, une eglise et qui a abrité jusqu’a 500 femmes ... 200 soeurs et 300 esclaves ! Car il s’agissait d’un couvent reservé aux (tres) riches filles d’Arequipa qui venaient s’installer dans de veritables maisons avec leurs servantes. Le tout est extremement bien conservé et impressionnant.
Bref, Arequipa nous a seduit, par la gentiesse et la politesse de sa population, par son caractere, par son histoire et par sa gastronomie et c’est donc avec plaisir que nous y passons cette semaine de repos « forcé »...

Lo pour nous deux

Saturday, January 22, 2005

Le Macchu Picchu !!

On nous a tant parlé, on nous l’a tellement vanté, on est enfin pret pour aller au Macchu Picchu. Pas comme « des vrais », désolé mais pour de multiples bonnes raisons on fait l’impasse sur les 4 jours de marche et on y va en train...
Le Macchu Picchu se mérite par l’effort physique ou ... financier ! Nous voilá donc armé de notre billet aller simple Cusco-Aguas Caliente, debout á 4h du mat’ nous dirigeant vers la gare. Le voyage, sans encombre, est fantastique, á coup sur un moment déjá trés fort. Pour sortir de Cusco, le train doit « escalader » un montagne, pour y parvenir les ingénieurs ingénieux ont inventé un systéme de zig-zag, le train montant ansi des « épingles á cheveux ». La suite du voyage est tout aussi impresionnante quand, descendant de la montagne, on pénéttre dans le jungle en longeant l’impressionnante riviére Urubamba.
Arrivé á destination le train s’immobilise dans la rue principale, qui est la fois voie de chemin de fer. Le site qui nous entoure est splendide, enclavé, ce petit village (uniquement touristique) semble écrasé par de gigantesques montagnes vertes qui sont couvertes, á leur sommets, des quelques rares nuages dans un ciel bleu azul. Notre objectif du jour : trouver un billet pas cher pour le retour, acheter deux entrées sur le site et le transport du village au site. Tout se paie en dollars au Macchu Picchu, les prix peuvent rivaliser avec le quartier européen de Bruxelles, voire avec Paris. Des places pas cher, il n’y en plus, á moins de vouloir rester une semaine,... l’entreprise privée (trés critiquée par les habitants) crée une pénurie de places « backpacker » (tout est en anglais aussi au Macchu Picchu), résultat payant puisque aussi joli que ce soit, personne ne veut rester une semaine ici. Nous voilá donc achetant deux place dans un beau train automoteur et panoramique...
Le reste de la journée est consacrée au repos et au jeune (c’est pas ca mais 2 jours au Macchu Picchu c’est un peu comme 2 semaines en Bolivie...)
Le lendemain nous voilá debout á 5h’ (il ne faudrait pas que ca devienne une habitude...), le but est d’arriver sur le site avant les touristes d’un jour (les fous). Arrivé á 7h’ nous nous retrouvons face á une montagne de nuage d’oú émergent quelques murs et quelques pierres, cette ambiance est magique. Nous nous installons sur le petit promontoire qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur le site et regardons les nuages partir peu á peu. L’attente n’est pas trop longue, á peine 15 minutes plus tard le site se dévoile entiérement á nos yeux ébahis. Pour vous résumer la beauté de ce site exceptionnel : ce n’est que prés de 2 heures plus tard que nous avons réussi á nous relever pour aller visiter les vestiges de plus prés.
On ne vous décrira pas le site, juste vous dire que la journée fut bien remplie de montées, decentes, et de photos ! Sept heures plus tard nous sommes redescendus les images pleins les yeux et des nouvelles hypothéses plein la tëte (nul ne sait avec certitude aujourd’hui quel est le secret du Macchu Picchu).
Le train du retour, le lendemain matin se révéle effectivement panoramique ( !) et on peut donc apprécier mieux encore les sommets enneigés qui longent le parcours de ce train pas comme les autres. Notre aprés-midi est finalement assez calme, le soir nous embarquons destination Arequipa, on espére laisser Gringo Land derriére nous mais malgré ces défauts on reste émerveillés par ce qu’on vu.

Lo (pour les 2)

Friday, January 21, 2005

Nad et Lo á Gringo Land ou / Cusco la Magnifique...

Aujourd’hui, loin de la Belgique, toutes nos pensées vont vers les gens qu’on aime.


Le titre évoque parfaitement notre état d’esprit après ces 2 premières semaines au Pérou. Tout d’abord horrifiés par l’omniprésence du tourisme de masse et de toute ses dérives (fraudes, arnaques, mensonges, …) mais aussi charmés par la ville la plus belle des Amériques, par le plus beau site archéologique construit par des humains et, ici et lá, réconfortés par quelques rencontres sincères et agréables.

Arnaque vous disait-on : pour parcourir les 140 kilomètres qui nous séparent de Cusco, nous décidons d’investir dans un « bus touristique » qui s’arrête aux principaux sites archéologiques rencontrés sur le chemin. Le bus, panoramique, est muni d’une vidéo, de musique d’ambiance, de toilettes hygiéniques et d’un service á bord (boissons comprises comme dans les avions…) Départ prévu á 8h du matin. Ayant appris par d’autres touristes qu’il y a des problèmes sur les routes (ici ce sont les éleveurs qui refusent une taxe sur la viande et qui bloquent les routes, comme en Bolivie …), on demande á l’agence et á la compagnie de bus ce qui se passe si la situation ne s’améliore pas. Tout deux nous rassurent en nous expliquant que quoi qu’il arrive le bus part et tous les sites sont visités. Le pire qui peut arriver, disent-ils, c’est que le départ soit postposé et que le dîner (inclus dans le prix) se transforme en souper.
Le matin, á 8h précise nous montons donc dans le bus. A 8h02 on nous annonce qu’ils viennent de recevoir un coup de fil, la route est bloquée, le départ est postposé á midi.
A midi, on embarque dans un bus correct mais le « panoramique » á du être oublié, on ne voit que le ciel ou le chauffeur. Musique ? il n’y a pas. Vidéo ? pas plus ! Toilette hygiénique ? Un trou au fond du car… Après 30 minutes de route on est arrêtés (toujours la grève) et on attend encore deux heures pour reprendre la route. On visite effectivement le premier site croisé (Pukara), au pas de course mais avec une guide performante. Evidemment, après, il fait noir… et donc on ne voit rien d’autre ! Impossible même de lire parce qu’ils n’allument pas de lumière « pour se reposer »… á 19h ! Le Pérou c’est franchement différent !! La brochure disait « de la porte de l’hôtel á la porte de l’hôtel » Ce qui signifie, en péruviano, on te débarque on milieu du Bronx et tu te démerdes pour reconnaître tout seul le vrai taxi du voleur, voire pire… Enfin, comme on commence á attraper de bonnes techniques, on se retrouve sans encombre dans un hostal (petit hotel) oú l’accueil est absolument génial.

Trois journées pleines consacrées á la visite des innombrables musées, églises, temples incas (enfin ce que les Espagnols ont laissé), couvents et bâtiments historiques que compte cette ville absolument superbe. Le bijou de notre voyage, sans conteste, abstraction faite du harcélement ininterrompu. La Capitale Inca garde un charme et une séduction réelle.
Un autre jour consacré á la visite, en tour organisé, beurk mais si facile, de la Vallée Sacrée des Incas. Accompagné d’un guide excellent (avantage du tour), nous rentrons petit á petit dans le monde merveilleux des civilisations pré-hispaniques. Nous visitons ainsi le marché de Pisac (très décevant) mais surtout les ruine de Pisac, village et temples construits sur un pic rocheux, le site de Ollantaytambo et ses kilomètres de terrasses extrêmement bien conservées et enfin, Chinchero et son étonnante église construite sur les bases d’un temple inca.
Un jour enfin pour visiter, á pied et seuls, les ruines proches de Cusco, les bains de l’Inca de Tambo Machay, le fort rouge de Puka Pukara, le centre cérémoniel de Q’enko et bien entendu, la merveille locale, « la tête du Puma » Sacsayhuamán, centre cérémoniel ou forteresse, le débat n’est pas encore tranché mais avec un très bon guide nous nous laissons á rêver de ces 30.000 hommes qui ont transporté des rochers de plusieurs dizaines de tonnes sur plus de 5 kilomètres pour construire ce site exceptionnel.

Ces « préliminaires » effectués, nous voilà « prêts » á monter au Macchu Picchu, le plus grand et mieux conservé des sites incas.

Lö pour nous deux


Thursday, January 13, 2005

Au bord du lac Titikharkha

Notre premiére matinée au Pérou est essentiellement organisationnelle, comme d’habitude. Banque et ses foirages, agences, bus, office du tourisme,... Nous souhaitons partir visiter les ïles au coeur du lac, un peu frustrés d’avoir passé si peu de temps sur la Isla del Sol. C’est possible de s’organiser tous seuls, mais c’est un chouia compliqué et des agences peuvent l’arranger pour pas grand-chose… On prend quand meme soin de choisir une agence « responsable », qui s’investit dans l’éducation des gosses des iles. Le départ n’est que le lendemain matin, c’est pourquoi nous passons l’après-midi avec la visite du site funéraire pré-inca et inca de Sillustani. La visite est super bien guidée, et nous découvrons que les Incas construisaient des tombes de 17m de haut á l’épreuve des tremblements de terre…
Réveillés á 4h (boucan dans l’hostal), levés á 6h30, nous embarquons dans un petit bateau, plus rapide qu’en Bolivie (mais c’est pas encore ca !!), en direction des ïles flottantes, los Uros. Ces iles artificielles sont constituées de couches superposées de totora (roseau du Titicaca), renouvellées au fur et á mesure que la couche inférieure pourrit. Cette destination ultra touristique nous décoit, on a l’impression d’etre au zoo… surtout avec des touristes (devinez quelle nationalité) mitraillant tout un chacun de photos á 3cm de recul… Le petit trajet en bateau de totora est néanmoins assez plaisant. Nous rembarquons alors sur notre embarcation pour plus de 3h interminables de navigation jusqu’á l’ile de Antamani.
Nous y sommes accueillis par les villageois, qui pour résister á l’assaut des agences de tourisme se sont organisés pour encadrer l’accueil des touristes : ils les recoivent donc á la maison, par un systéme de tournante entre les familles. Le logement est rudimentaire mais accueillant (le plus dur : les « toilettes » au fond du jardin). On est arrivés á 13h30, on a déjá faim, et on ne comprend pas bien quand et oú on va manger… Plan B en action : on descend á la cuisine « on peut vous aider á préparer ?? ». La cuisine est une piéce en adobe séparée de la maison, aux murs noircis, dans laquelle brule un grand feu de bois á meme le sol, sur lequel fument quelques casseroles de céramique. Nous discutons un peu avec la mére de famille avant de dévorer, vers 14h30, un délicieux repas tout simple préparé juste pour nous deux. C’est l’heure de la balade, que Laurent entreprend sans Nadége qui reste dormir. Au sommet de l’ile sont construits deux temples, l’un dédié á la Pachamama (la Terre Mére), l’autre au Pachatata (le meme au masculin), toujours utilisés aujourd’hui une fois par an. La promenade offre surtout de magnifiques perspectives sur l’ile et le lac. Après un coucher de soleil splendide, nous attendons dans notre chambre, éclairée d’une unique bougie, que l’on vienne nous chercher pour le repas du soir. Mais c’est avec tous les plats en main que débarque la jeune fille de la maison… Nous soupons donc en solitaire á la chandelle, c’est bucolique mais un peu tristounet. On a pourtant vu partout dans l’ile des fils électriques, et une ampoule pendouille au milieu de notre chambre. Reste á deviner á quel moment de l’année ca s’utilise…
La soirée est plus gaie et animée. La famille nous prete des vetements traditionnels : deux jupes, chemisier, ceinture brodée et long tissu brodé pour la tete pour Nad, poncho et bonnet pour Lau. On se sent á peine déguisés… Nous nous rendons avec les deux jeunes filles de la famille á une fete organisée pour nous, animée par deux groupes de musique locaux et éclairée par deux lampes á gaz fort capricieuses. Après 4 danses (d’au moins un quart d’heure chacune) á prés de 4000m d’altitude, nous rendons les armes et, á bout de souffle, nous allons nous coucher. La pluie ne cesse guére de la nuit, et c’est fou le bruit que ca fait sur un toit de tole ondulée. C’est toujours sous une pluie battante que nous nous réveillons á 6h30 (c’est pas gai la toilette au fond du jardin sous la pluie), et après un petit déjeuner tout aussi peu familial mais toujours aussi bon, nous réembarquons en direction de l’ile de Taquile (1h). L’accueil y est beaucoup moins agréable qu’á Uros ou Amantani, les iliens blasés du tourisme ne font que vendre ou tendre la main, on a l’impression de devoir payer si ils nous ont répondu bonjour. Pas gai. Balade de trois quarts d’heure en montée, petit repos sous le soleil, diner puis descente des 540 marches de l’escalier inca et c’est le dernier embarquement, á nouveau 3h30 de trajet tout aussi interminable que l’aller, bien que l’on soient installés sur le pont arriére au soleil.

Monday, January 10, 2005

Retour sur l'Altiplano

Pour remplir cette journée de gréve, nous décidons de visiter les principaux musées de La Paz, enfin, ceux qu’on n’a pas encore vus. Notre premier choix se porte sur le musée Tiahuanaco, qui, nous apprend-on devant la porte, est fermé pour la semaine. Notre deuxiéme choix nous améne au Musée national des Arts, qui est fermé pour nettoyage. Nous nous rendons donc au musée ethnographique, qui pour sa part est fermé du 16 novembre au 31 janvier. Nous tentons également notre chance auprés de la compagnie de bus pour Copacabana, notre prochaine destination, mais celle-ci est fermée pour cause de gréve (et un passant a mëme conseillé á notre taxi de décamper vite fait parce que une manif s’approchait...). Nous avons donc occupé notre journée dans les magasins et avons notamment acheté deux CD de musique bolivienne, qu’on a hate de vous faire écouter.
La gréve ne durant bien que 24h, nous nous rendons mercredi sur le site de Tiahuanaco. Que de bons souvenirs des examens de premiére candi de Nad... Il s’agit d’un empire ayant précédé les Incas d’un bon millier d’année et qui a eu une influence culturelle et religieuse extraordinaire. Il parait que tous les objets prétendument incas de « Tintin et le temple du Soleil » sont en fait inspirés de Tiahuanaco ?? On vérifiera au retour. La guide se révéle trés utile sur un site qui parait impressionant mais qui n’a encore été que trés peu fouillé. La pyramide principale, couverte de terre par les Aymaras pour la protéger des Espagnols, n’a encore été fouillée qu’á un pourcent... Heureusement que les relevés satellites donnent une idée de ses dimensions et de son relief.
N’étant toujours pas trés surs que la gréve ne va pas reprendre, nous sautons dans le dernier bus á destination de Copacabana en laissant tomber le reste des environs de La Paz. Toujours pour une autre fois... La route longeant le Titicaca nous offre un magnifique coucher de soleil et c’est dans le noir complet que nous quittons notre bus pour embarquer dans un rafiot, afin de traver le détroit qui nous ménera sur la bonne presqu’ile. Le rafiot en question n’est pas éclairé, et c’est de quelques métres seulement que nous évitons son homologue tout aussi peu éclairé, qui fait le trajet en sens inverse. Ca tangue dans tous les sens et c’est surtout quand le moteur s’arrete (au milieu de la traversée) qu’on se demande si on aurait pas pu y aller á la nage. En réalité tout se passe relativement bien et on arrive un bon dix minutes avant le bus, coincé pour une raison inconnue sur sa barque á un tiers du chemin. Un bon fou rire pour faire passer la trouille qu’on s’est payée... On n’en menait pas large ni l’un ni l’autre.
Lors de notre premiére journée á Copacabana, on découvre un village sans grand charme, relativement sale, mais dans un cadre exceptionnel de montagnes et de lac, et possédant sans nul doute un caractére fort, notamment du au pélerinage á la Virgen de Copacabana. Il faut dire que c’est ici que l’on vient baptiser sa voiture, son camion, son bus, tout ce qui roule enfin, un coup par le prétre, un coup par le chaman. Aprés ca on peut rouler á tombeau ouvert sur les routes de Bolivie ou d’ailleurs avec la garantie de ne jamais faire d’accident. Et on s’étonne que la route la plus meurtriére du monde se trouve á 200 bornes de lá. Aprés avoir dégusté une excellente truite, notre aprés-midi se trouve remplie par la montée au Calvaire, une solide colline (rappelons que nous sommes remontés á 3800 métres d’altitude) qui surplombe la ville et sa baie.
Le lendemain est consacré au repos, á la dégustation de truites et á la découverte des alentours du village. On se prend á contourner la colline du Calvaire par un sentier coté lac tout mimi.
Au moment d’acheter notre billet de bus, la charmante vendeuse nous signale que pour lundi ya pas moyen, ya regréve et tout sera bloqué, rien ne roule. Ok. Renseignements pris, il ne semble pas que cette fois ca soit limité á 24h. Pas de panique, il nous reste 48h pour visiter l’ile du soleil et fuir au Pérou, avec quelques regrets. C’est donc avec le tour qu’on était certains de ne jamais prendre que nous nous rendons sur la splendide Isla del Sol (l’ile qui a vu naitre le Soleil et l’Inca). Heureusement, notre guide est intéressant et l’excursion nous permet de sortir du troupeau pour traverser l’ile du nord au sud sur un chemin inca. On a raté la visite de l’ile de la lune, mais on a aussi évité le mal de mer pendant deux heures de plus... Les paysages sont fantastiques et nous profitons pleinement de la balade de 2h30 (pas trés long d’accord, mais á prés de 4000m toujours... et ca monte !!). On varie le menu en mangeant du poisson-roi, ca change de la truite.
Nos sacs faits, une derniére truite avalée, nous prenons le bus pour Puno au Pérou. En passant la frontiére, nous nous souvenons de tous les récits tragi-comiques qui nous ont été racontés... mais c’est comme une fleur que nous nous retrouvons dans ce quatriéme pays de notre périple (si on compte les trois jours en Argentine).

Nad et Lo

Tuesday, January 04, 2005

et Bonne Année !!

C’est donc á Cochabamba que nous passons de 2004 á 2005. En fait pas exactement á Cochabamba, mais á Quillacollo á 12 km de la ville, bien que ce n’est pas vraiment Quillacollo mais au lieu dit San Jorge á quelques kilométres de lá. Pour ëtre précis c’est un peu aprés San Jorge, au bout d’un chemin, au pied de splendides montagnes vertes, en plein champs. (que ceux qui nous suivent sur des cartes 1/10.000.000 nous excusent pour ces précisions peu visibles...) Nous sommes accueillis en famille, dans la magnifique maison de campagne des parents de Rina, la femme de Rolando. C’est une expérience inoubliable qui nous prouve une nouvelle fois á quel point les Boliviens sont accueillants, sympathiques et adorables.
Le voyage jusqu’á Cochabamba, de nuit dans un bus pas trop top, est assez pénible. Et donc, aprés un excellent picante de pollo (poulet á la sauce épicée) nous passons toute l’aprés-midi á nager et á nous prélasser au bord de la grande piscine située á 200 métres de la maison. Nous rentrons vers 17 h, á temps pour gouter nos premiers humintas (mais et fromage cuit á la vapeur dans une feuille de mais), sans avoir bien compris qu’il s’agit du souper. Nous remarquons quand mëme que ce n’est pas ici que nous ferons régime...
Cette premiére journée nous apprend encore, par Rolando, que notre niveau d’espagnol n’a pas progressé depuis 5 semaines ... ? La fatigue sans doute, du moins c'est ce qu'on se dit pour se rassurer.
Le lendemain, soit le 30 décembre, nous visitons la ville de Quillacollo dont sa célébre église et profitons de son marché pour acheter quelques cadeaux pour nos hötes.
Le 31 décembre quand á lui est entiérement consacré á la visite de Cochabamba et de ses nombreuses églises mais hélas pas de son musée « un des meilleur de Bolivie » fermé jusqu’au 31 janvier ! !
Nous rentrons vers 17h afin de nous préparer pour le réveillon, nous avons compris qu’entre 27 et 37 personnes étaient invitées. Nous n’avons pas le temps de prendre une douche qu’on nous propose de gouter á de délicieuses croquettes de purée et de fromage ou de purée et de viande, il est alors environ 18 h. On nous explique qu’il s’agiit en fait du souper et que la suite des « traditions boliviennes » auront lieu á minuit ! De 37 on est passé á 7 á savoir, Rolando et Rina, ses parents, une amie de la famille, Ely 22 ans et nous deux. Nous pouvons donc pleinement apprécier un vrai nouvel an bolivien. C’est aux jeux de société que nous patientons jusqu’á minuit. A cette heure fatidique tout s’accélére, en fait des traditions il y en a beaucoup mais toutes doivent avoir lieu á minuit... Dans l’ordre il y a les coupes de champagnes (du cidre argentin), les bisous et embrassades, suivent, dehors les pétards (Nad en a encore mal aux oreilles) puis les 12 bougies allumées (représentant les 12 mois de la nouvelle année), puis 12 raisins que chacun mange en faisant 12 voeux, puis on passe á table pour manger un cochon : le chancho.
Il est de tradition également que les actions faites cette nuit lá reflétent ce qui se passera durant l’année. Ainsi par exemple, Ely, qui souhaite voyager, est sortie avec son sac á dos pour simuler un départ. Nous on s'est fait plein de bisous. Aprés quelques danses c’est finalement vers 2 h du mat’ que nous allons nous coucher.
Le 1er janvier, les 27 invités prévus arrivent et nous passons le repas, fricassée (porc dans une succulante sauce jaune), porc roti, patates et patates douces, bananes frites, etc. sur la terrasse á l’ombre. On vous a pas dit que à Cochabamba c'est le temps le plus clèment de Bolivie?
L’aprés-midi, un tournoi de foot est organisé, 3 équipes de 5 personnes, tous y jouent : papas, mamans, enfants dés 5 ans, mëme Nad et moi. A plus de 2.000 métres d’altitude c’est rude mais le niveau est suffisamment bas pour que Nad puisse inscrire 2 buts (dont c’est vrai un dans son camp) et Lo 4 (dont un du gauche !, deuxiéme meilleur buteur du championnat). Pour ceux que ca intéresse c’est l’équipe de Lo qui a gagné (3-8 et 3-2).
Le 2 janvier, dimanche, nous nous reposons, Nad en profite pour se faire peindre artistiquement les ongles par Ely et nous passons l’aprés-midi á Cochabamba dans l’espoir de faire quelques achats dans le « le plus grand marché de Bolivie », hélas 90 % des commerces sont fermés et on est obligé de passer le temps en mangeant une glace.
Nous devons précipiter quelque peu notre retour vers La Paz et abandonner les visites des environs de Cochabamba (dont le site de Incallajta), ce sera pour un prochain voyage... En effet, le gouvernement a décidé d’augmenter les prix de l’essence et du diesel. Mesure classiques chez nous mais trés rares ici. Les transporteurs menacent donc de faire grève et de bloquer tout le pays (aprés les fetes quand meme faut pas rire non plus...). C’est donc avec Rolando et Rina que nous voyageons jusqu’á Oruro d’oú nous prenons immédiatement un bus pour La Paz. Les menaces sont confirmées et ce mardi tout le pays est paralysé, normalement seulement pour 24 heures... á suivre...

Lo (pour nous 2)