Punta Arenas : jusqu'au bout du Sud
Voilà. Mardi, on revenait tout juste de Torres del Paine, et malgrè notre nuit de 12h, on ètait vraiment très fatiguès. Moralitè : le rècit de nos dernières aventures ressemblait à du gruyère. Voici donc tout ce dont on devait absolument vous parler à propos de nos 4 jours de randonnèe.
D'abord vous expliquer (puisque effectivement, comme nous le regrettons tous, on ne sait pas mettre de photos sur notre site pour cause de manque de matèriel) c'est quoi Torres del Paine. Parmi les parcs nationaux les plus grands du Chili (des milliers et des milliers d'hectares), autour d'un massif montagneux constamment ennuagè sauf, par extraordinaire, le jour où nous sommes arrivès. Cela nous a permis de contempler les trois tours qui donnent son nom au parc (fait rarissime), gigantesques monolithes de roc, flèches de plus de 2000 mètres lancèes vers le ciel. Le voyage en bus s'est poursuivi par une traversèe de troupeaux de guanacos (sorte de lama d'ici) puis par une traversèe de lac en "catamaran". Cela nous a laissè dans un tout autre secteur du parc, au pied des "cuernos", gigantesques cornes de taureau de pierre.
Tout ce qu'on prètend sur le temps qu'il fait à Torres del Paine est vrai : nous avons testè les 4 saisons en une journèe. Exemple, la dernière journèe dèbute par un temps clèment accompagnè d'un petit vent froid et soutenu. Plus tard, il nous faut tomber la veste, les chapeaux et les ècharpes sous le soleil pas de plomb mais presque. Quand à nouveau le vent fait son apparition, on a juste le temps d'atteindre le point de vue sur le glacier avant qu'une solide averse de grêle ne nous fasse redescendre aussi vite. Après une fausse accalmie, la pluie met un terme prèmaturè à notre picnic, et c'est sous une tornade de pluie, de grêle, de neige, avec des rafales d'au moins 60 km/h que nous faisons notre retour vers le refuge. On est un peu injuste : il y a bien eu dix minutes d'accalmie pour que l'on sèche et se remouille avant d'atteindre le refuge, heureusement muni de douches chaudes.
En plus des magnifiques glaciers, les balades nous ont permis de nous promener et de dècouvrir la vraie pampa patagonienne : gigantesque plaine balayèe par les vents, où ne poussent que quelques arbustes et herbes sèches.
Une autre grande expèrience de ces quelques jours en pleine nature fut la rencontre des condors. Si l'un d'entre eux ne nous a que survolè de loin le 3ème jour, au retour nous avons eu la chance d'en observer quatre de très près, volant juste au dessus de nous pendant de longues minutes. Quelle majestè dans ces immenses animaux ; on a ètè près de comprendre les cultes qu'ils ont inspirè dans les Andes.
Une autre image gravèe dans nos têtes : la silhouette dèlicate d'un guanaco se dètachant sur un fond de ciel bleu, plantè au sommet d'une colline...
Hier mercredi, après une journèe de repos, on a repris le bus en direction du bout de notre pèriple : Punta Arenas.
Punta ARenas est la dernière ville du continent amèricain et la ville la plus australe du monde si on met entre parenthèses le village touristique d'Ushuaïa. On ètait donc face à la terre de Feu, devant le dètroit de Magellan, qui, d'après les musèes qu'on a pu visiter, a fait pleurer de nombreux marins.
Sur la route, nous avons pu constater qu'en Patagonie il y avait des guanacos (ca on le savait dèjà) mais aussi des moutons (beaucoup beaucoup beaucoup de moutons, mais ca on le savait aussi), des flamands roses et des autruches qui s'appellent ñandu ici. Le principe est simple : on scrute le bord de la route, on devient attentif quand on voit une tache brun-blanc, si il y a quatre pattes, c'est un mouton, si il y a deux pattes, c'est une autruche. Et si c'est une tache rose sur l'eau, c'est un flamand rose.
On peut bien le dire, Punta Arenas ne nous a pas enchantès. C'est en fait une très grosse ville, et les gens ca a l'air de leur faire juste rien du tout d'habiter le bout du monde. Et puis surtout, oui vraiment surtout, à Punta Arenas, il y a du vent. Mais pas du vent comme vous pouvez imaginer, non, il y a beaucoup de vent, ènormèment de vent, chez nous on appelle ca tempête et ca arrive rarement, là ca rafale dans tous les sens à tout bout de champ, même Lau est parti en arrière pour avoir levè un pied trop haut, et Nad a perdu son bonnet. Puis aussi, avec ce vent, le temps change plutôt vite. Globalement on peut pas se plaindre de la journèe, mais on a vu une tempête de grêle avec des grelons gros comme un demi-pouce de Lau, que même les habitants et les ouvriers municipaux (qui avaient pourtant un casque) s'abritaient.
Nous avons eu l'occasion de rendre visite à une crèatrice de bijoux, qui pour leur rèalisation s'inspire des cultures traditionnelles de la Patagonie et de la Terre de Feu, cultures presque èteintes après avoir ètè mèthodiquement exterminèe par les Europèens. Son art nous a vraiment emmenè ailleurs. Quand elle a su qu'on ètait belges, elle nous a immèdiatement parlè d'Oxfam, et nous a envoyè visiter un magasin de commerce èquitable à Santiago, ce que l'on fera certainement.
Aujourd'hui on a traversè la frontière administrative entre le Chili et l'Argentine, mais on est toujours au coeur de la Patagonie, à El Calafate, mignon petit village oasis nichè sur les bords du lac Argentino. La route de ce matin fut impressionnante, des kilomètres et des kilomètres de pampa s'ètendant à perte de vue, pas un arbre, pas un buisson, rien que des cailloux, de la terre et de l'herbe sèche (et des moutons et des autruches, vous savez comment les reconnaître maintenant, et des flamands roses, vous savez aussi).
La suite très bientôt, quand on en aura fini avec l'attraction touristique du lieu et quelques 33h de bus vers le nord... et oui, le grand rebond est parti, nous remontons dès à prèsent, direction l'Equateur.
Nad et Lô

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