nadetlochezlesincas

Saturday, October 09, 2004

90 jours de soleil par an ...

Nous sommes bien á Chiloé !! Tout nous le confirme : l´accueil et la gentillesse des gens, la qualité de la nourriture et ... le temps. Voilá 60 heures d´ici, il a commencé á pleuvoir ... la derniére fois qu´on a regardé par la fenetre on n´était pas encore inondés.

Mais avant ca, les Chilotes !! C´est une légende mais comme toutes les légendes, la vérité n'est pas trés lointaine. La dame de l´agrotourisme de Pulelo (qui était la directrice (¿ et propriétaire ?) de l'école de 80 enfants qui jouxtait la maison) nous a offert un concert avec danse et instruments locaux, le tout dans son salon et réalisé par un groupe d'une vingtaine d´enfants : inoubliable !!
Dimanche dernier, alors que l´on s'apprêtait á passer une soirée (trop ?) tranquille dans notre chambre, le patron de l´hospedaje (auberge) oú nous logions est venu nous inviter á écouter un récital d'un trés célébre pianiste chilien : Ricardo Bravo (on ne le connaissait pas mais effectivement le terme de renommée internationale n'était pas usurpée ; peut-être nos musicologues peuvent-elles nous en dire plus??). Ce concert avait lieu á l´église et, pour l'anecdote, les gens, de peur de n'avoir de places assises, rentraient pendant la messe, pressant le curé de mettre un terme á sa cérémonie, qui avait déjá 30 minutes de retard...
Le lendemain, rebelotte á l'église pour écouter un concert de plusieurs orchestres de jeunes venus de plusieurs villes du sud Chili, un trés bon moment aussi !! Nad se croyait revenue 15 ans en arriére, elle en a presque décidé de refaire de la musique au retour. A voir...

De Castro on a pu rayonner dans les villes et villages alentours (Dalcahue, Achao, Chonchi, Queilen, pour ceux qui suivent), admirer d'autres églises, d'autres baies et d'autres plages. La "feria artesanal" de Dalcahue nous a donné l'occasion de nos premiéres emplettes artisanales : un splendide poncho pour Laurent, qui prend la moitié de son sac et pue le chameau (pardon, le lama) et un non moins splendide pull pour Nad (un quart du sac seulement). Pour la premiére fois nous nous retrouvons dans un voyage oú on ne peut presque se permettre de rien acheter, pourtant tout ce qui nous passe sous les yeux qu'on aimerait vous et nous ramener...
Route ensuite pour le parc national et le village de Cucao, 50 familles au compteur. Pour situer l'endroit, Cucao est relié á l'électricité depuis 15 ans, la route qui la relie au reste de l´île á été terminée il a 10 ans et la cabane que nous occupions, tout en bois ca va de soi, était située devant le lac avec une vue splendide. Au programme du premier jour : premiers contacts avec la forêt primaire, c'est difficile á conceptualiser pour un Européen mais il s'agit de forêt oú l´homme n'a jamais pénétré, qui n´a jamais fait l'objet d'aucune exploitation, le résultat est particulier et mérite une étude approfondie. Toujours le premier jour, on a poussé notre balade jusqu´á la plage du Pacifique, une plage de 15 km de long, sauvage, protégée par des dunes : ¡ SPLENDIDE !
Le lendemain, nous étions debout de bonne heure pour une journée de visite du parc, jusqu´au lieu dit : Cole Cole, soit environ 9 heures á cheval...
Les éléments avaient décidé qu'on ne pouvait pas aller á Cole Cole : on a eu : les chevaux galopant (!!) dans le sens opposé sur la plage, un vent qui déplacait les dunes, puis, arrivés au pied de la derniére colline devant nous emmener au but : un déchaînement de pluie, de vent, de bourrasque, alors que nous, accrochés á nos chevaux, on grimpait des pentes dignes de descente en ski en essayant de ne pas tomber lorsque les chevaux dérapaient sur les rochers détrempés. Arrivés en haut, un vent terrible nous a permis 15 minutes de pause avant de redescendre (á ce moment précis, pour ne rien vous cacher on se demandait quand même pourquoi on était lá...). Mais nous avions vaincu le Cole Cole : les éléments se sont avoués vaincus et nous ont laissés, tout au long de la descente, une vue á couper le souffle sur les criques et les plages du Pacifique sous le soleil (et on a compris pourquoi on avait voulu être lá). Hormis le vent le retour était trés calme, sous le soleil mais cavaliers confirmés comme nous sommes (...) un peu trop longue ! Une bonne expérience, mais quand même, la prochaine balade á cheval, ce sera pour dans longtemps.
Le soir, il a commencé á pleuvoir (c´était mercredi) depuis, il n'a pas cessé (on est vendredi soir). La journée de jeudi á éte entiérement consacrée á regarder le lac sous a pluie et á se reposer. J'ai quand même eu l'occasion d'observer que les habitants de Cucao étaient encore capables d'attraper leurs chevaux au lasso (et pas pour les touristes, vu que j'étais absolument tout seul sous la pluie).

J'ai oublié de vous dire qu'á Cole Cole il y a des gens qui vivent ! Ils vivent á 2 heures 30' á cheval (il n´y a aucune route et 2h30 c'est pour les bons cavaliers, nous avons mis 4h... ) du plus proche village (oú, pour avoir fait l'expérience, on ne trouve vraiment pas grand chose) ce village, Cucao donc, se trouvant lui même au bout d'une piste de 2 heures en bus (2 bus par jour quand même...). Cette fois, et pour la premiére fois, on s'est dit qu'on était vraiment loin.

Lundi nous allons prendre le Ferry : direction Puerto Natales, Torres del Paine et Punta Arenas, il se peut que les nouvelles soient moins nombreuses de lá-bas, on verra ce qu'il est possible de faire... D'abord on va se reposer pour être prêts (s'ilest possible d'être prêt) á affronter 4 jours et 3 nuits sur une mer en furie...

Lô pour nous deux.

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